← Toutes les randonnées

North Coast Trail

Vancouver Island, BC, Canada - Août 2019 - EoWo

59km
1413m D+
4 étapesdurée

Étapes

ÉtapeTracé~Distance~D+GPX
D1Shushartie Bay → Cape Sutil11 km388 m
D2Cape Sutil → Laura Creek15 km331 m
D3Laura Creek → Nissen Bight17 km203 m
D4Nissen Bight → San Josef Bay16 km491 m

Le trail

Bien moins connu et populaire que son grand frère, le West Coast Trail, le North Coast Trail s'étend sur une cinquantaine de kilomètres le long de la côte nord-ouest de l'île de Vancouver, de Shushartie Bay à Cape Scott. On y passe successivement par le point le plus au nord et le plus à l'ouest de l'île.

Le terrain comporte de grandes plages de sable et de galets, beaucoup de boue, deux "cable cars" permettant la traversée de la Nahwitti River (faisable à gué) et de la Strandby River, des sections passables uniquement à marée basse, et un ou deux passages escarpés équipés de cordes, dans la forêt. Pas de D+, rien de difficile donc, comme sur un sentier côtier... Ne pas tomber des échelles et ne pas glisser sur les rochers.

Le trail est tout à fait faisable en 4 jours. Une fois passé Fisherman Bay (le dernier jour), des randonneurs à la journée venant de San Josef Bay (pour aller voir Cape Scott) font changer l'ambiance "seul au monde" qui règne sur les 30 premiers kilomètres du trail.

Des spots de camping sont établis à proximité des sources d'eau douce, comportant pour certains, toilettes et casiers de stockage pour nourriture (ne pas se la faire racketter par les ours).

Le départ est original, avec un transport en bateau de Port Hardy à Shushartie Bay (~30 km, Cape Scott Water Taxi). L'embarcation vous dépose à même les rochers avant de disparaître par là d'où elle était venue, condamnant votre entreprise au succès. Je crois avoir lu qu'il était également possible de louer une radio.

Le trail est réputé pour ses opportunités de spotter la wildlife : ours, cougars, phoques, orques et autres baleines. Contrairement au West Coast Trail où on ne risque pas grand chose (vu l'affluence), on peut recommander un spray anti-ours sur le North Coast Trail.

Mon approche

Ayant parcouru le West Coast Trail deux ans auparavant, je m'intéressais à son petit frère sur l'île de Vancouver, beaucoup moins connu (... parce que plus loin).

Bien qu'il ne soit pas difficile de trouver plus paumé que Port Hardy, en Colombie Britannique, l'aura "end of the road" (l'"Island Highway", en l'occurrence) de ce village situé à 500 km au nord de Victoria avait éveillé l'attention de l'aventurier qui sommeillait en moi. Une manière de dire que j'ai cramé de rares congés payés canadiens pour partir dans un bled de fin du monde (temps d'merde et corbacs included, bingo!), alors que l'été débutait à Vancouver.

C'est que j'avais déjà eu l'occasion de remonter l'île de Vancouver sur l'Highland Highway, et même jusqu'à Telegraph Cove, où dit on qu'un jour, à l'insu de leur plein gré, des touristes français détériorèrent du patrimoine (en l'objet d'une rame de canoë en bois) en sauvant un enfant des griffes d'un cougar. C'est non loin de là, vers Port McNeill, que les corbacs ("Roaaaa, Roaaaa") avaient eu raison de notre détermination à franchir les 50 km nous séparant encore des merveilles de Port Hardy. J'avais donc an "unfinished business" avec le base camp du trail. Hors de question de faire une nouvelle tentative par la route (on connaît l'coup), j'utiliserai une ligne intérieure pour rallier l'aérodrome local, dans un zinc de 30 places.

Du trail en lui-même, j'ai assez peu de souvenirs. Je crois être resté trois jours à Port Hardy, dans un camping au milieu des corbacs ("Roaaa, Roaaa"). Les rares épisodes de ciel bleu révélaient une ambiance charmante de village côtier canadien, avec ses troncs d'arbres qui flottent dans les rivères, son pôle économique (scierie, pêcherie, ferry terminal...), son balet d'hydravions, et ses paysages de forêts et d'océan. Sans oublier le pub, mon quartier général et celui des rares touristes assez braves pour avoir ridé la Island Highway jusqu'a son dernier kilomètre.

Trois jours, ça faisait assez, voire beacoup trop de temps pour visiter les environs. À l'une de ces occasions, je crois avoir pour le moins effrayé un québécois rencontré par hasard, à propos de la nature exacte de mes projets, quand je lui demandais s'il savait où je pouvais acquérir une "bombe à ours" ("Qu'est ce que c'est qu't'affaire?!").

J'ai assez peu de souvenir du trail en lui-même, à part qu'il faisait pas super beau et que j'écoutais du Tolstoï. Je n'y ai vu ni ours, ni orque, même pas une chèvre, et pense qu'il aurait mérité d'être au moins plus long de 30 km (3 jours et demi, ça fait court). Content quand même des trop rares moments de beau temps, du pub, et d'avoir rendu visite à mes potes les corbacs ("Roaaa, Roaaa").

Journal de voyage

D1 — Shushartie Bay → Cape Sutil (11 km · 388 m D+)

Navigation avec un opérateur local puis débarquement à Shushartie Bay. Je laisse derrière moi les quelques autres passagers plus lents, et avance jusqu'à Nahwitti River, mon premier bivouac. Pas un pélerin, ambiance de bout du monde.

D2 — Cape Sutil → Laura Creek (15 km · 331 m D+)

Passage de la Nahwitti River (à gué), puis avancée vers Shuttleworth Bight. Super spot de camping, ambiance Robinson Crusoë.

D3 — Laura Creek → Nissen Bight (17 km · 203 m D+)

Poursuite jusqu'à... Nels Bight?

D4 — Nissen Bight → San Josef Bay (16 km · 491 m D+)

Cape Scott, où le phare est décevant (pas vraiment de vue à cause de la végétation). Puis au sud vers San Josef Bay pour retour à Port Hardy en shuttle.